Vous ne vendez pas des produits, vous résolvez des problèmes. Voilà pourquoi ça change tout
Beaucoup d’entreprises se présentent encore par une liste de caractéristiques : fonctionnalités, options, technologies, heures d’accompagnement. C’est rassurant, mais ce n’est pas ce que le client achète. Dans la réalité, un client « achète » une transformation : le passage d’une situation actuelle insatisfaisante à une situation désirée. Il n’achète pas un produit ni un service, il achète la résolution d’un problème et la progression vers un objectif clair.
Ce changement de perspective paraît subtil. Il change tout. Il transforme la façon de concevoir l’offre, de parler au marché, de fixer les prix et de livrer l’expérience. Il met la lumière là où la valeur est réellement perçue : les résultats et la réduction de frictions.
Pourquoi ce cadrage fait une différence décisive
Lorsqu’une offre est décrite par ses caractéristiques, l’attention se disperse et la comparaison par le prix devient la norme. En basculant vers « problème + objectif », on rend la valeur lisible : on parle de risques évités, de temps gagné, de revenus générés, de sérénité retrouvée. Ce sont ces bénéfices, concrets et mesurables, qui justifient la décision d’achat et qui créent la préférence.
Ce cadrage améliore aussi l’exécution interne. Une équipe qui pense « problème à résoudre » priorise mieux, coupe ce qui n’apporte pas d’effet visible pour le client, et se coordonne autour d’indicateurs de résultat plutôt que d’activités.
Exemple 1 : logiciel B2B — de la fonctionnalité à l’impact
Une entreprise vend un outil de prise de rendez‑vous. Décrire le produit par « calendrier synchronisé, rappels automatiques, liens personnalisés » ne suffit pas. Ce que le client cherche à résoudre : les rendez‑vous manqués, les aller‑retour interminables, les créneaux vides. L’objectif désiré : remplir l’agenda des commerciaux avec moins d’efforts et convertir davantage.
La promesse devient lisible : « Réduisez de 40 % les no‑shows et gagnez 6 heures par semaine en planification. » La démonstration suit : chiffres avant‑après, preuves d’usage, cas clients, projection de ROI. Même produit, mais une offre repositionnée sur l’effet utile, donc plus convaincante et mieux valorisable.
Exemple 2 : cabinet d’accompagnement — de l’heure vendue au résultat piloté
Vendre « 10 heures de coaching » entretient l’ambiguïté : que se passe‑t‑il après ? Quel résultat puis‑je espérer ? En formulant clairement le problème et l’objectif, l’offre change de nature : « Passer d’un chaos opérationnel à une semaine maîtrisée : plan de délégation, tableau de bord simple, rituel de pilotage, en 6 semaines. » Le cadre précise le point de départ, le livrable attendu et la trajectoire. Le prix n’est plus un coût horaire, c’est l’investissement nécessaire pour obtenir un résultat défini.
Exemple 3 : commerce local — de l’article vendu à la situation résolue
Une boutique de chaussures peut détailler matières et semelles. Pourtant, l’achat se déclenche souvent sur un problème simple : douleurs en fin de journée, tenue qui manque de cohérence, peur d’acheter une paire fragile. En repositionnant l’offre : « Marchez toute la journée sans douleur, test de pointure et de foulée en 7 minutes, et entretien inclus pendant 12 mois », on vend la disparition d’une gêne et la confiance dans l’usage, pas seulement un objet.
Le cadre pratique : de « ce que nous faisons » à « ce que cela change »
Commencez par écrire, sans filtre, la situation actuelle de votre client idéal : contexte, contraintes, symptômes visibles, coût caché. Poursuivez par la situation désirée : à quoi ressemble une journée qui se passe bien, quel indicateur bouge, quel risque disparaît. Entre les deux, formulez l’écart : c’est là que se crée votre valeur. Ce simple exercice révèle souvent que 30 % des éléments de votre page de vente ne parlent qu’à vous, pas à votre client.
Pour transformer cette clarté en offre, traduisez votre méthode en étapes compréhensibles et rassurantes. Parlez du « comment » seulement pour renforcer la crédibilité du « pourquoi » : le chemin sert à sécuriser l’atteinte du résultat, pas à détourner l’attention vers la technique.
Objections fréquentes et réponses utiles
« Les clients veulent quand même comparer les caractéristiques. » C’est vrai, au moment de choisir un fournisseur, surtout dans les marchés mûrs. Mais les caractéristiques n’ouvrent la porte que si la promesse de résolution est claire. Sans cette promesse, vous resterez un choix parmi d’autres, évalué au rabais.
« Promettre un résultat, c’est risqué. » Ce qui est risqué, c’est de ne rien promettre. Cadrez votre promesse : explicitez la situation de départ, les hypothèses, ce que le client doit fournir, les limites et ce que vous garantissez raisonnablement. Le risque baisse quand la conception de l’offre intègre les conditions de succès.
« Dans mon secteur, tout le monde vend la même chose. » Alors le terrain de jeu est parfait pour se différencier par la compréhension du problème et la qualité de l’expérience. Deux prestataires peuvent livrer la même fonctionnalité, mais un seul fera sentir au client qu’il avance vers son objectif avec moins de frictions.
Comment cette approche change le prix, le marketing et l’exécution
Le prix devient une conversation sur la valeur : quel coût évité, quel gain obtenu, quel délai de récupération de l’investissement. Le marketing se simplifie : une page, un problème, un résultat. Les canaux servent la démonstration : preuve sociale, avant‑après, témoignages, échantillons mesurables. L’exécution gagne en focus : l’équipe suit quelques indicateurs de résultats, ajuste, itère, supprime le superflu.
Cette cohérence aligne l’entreprise sur une même boussole. Les décisions se prennent plus vite, la qualité perçue augmente, la recommandation organique suit. On sort du bruit des « features » pour entrer dans la musique des résultats visibles.
Mettre en œuvre dès cette semaine
Choisissez une offre prioritaire et réécrivez sa promesse à partir du binôme « problème → objectif ». Décrivez la situation de départ en termes concrets et coûtants, explicitez l’état désiré avec un indicateur simple, présentez votre chemin en trois ou quatre étapes lisibles, illustrez par un cas client vérifiable. Publiez cette version et mesurez la réaction : taux de conversion, qualité des demandes, clarté des appels. Améliorez à partir des retours, pas à partir d’intuitions.
Conclusion : l’essentiel devant, la technique derrière
Votre marché n’a pas besoin d’une nouvelle liste de caractéristiques. Il a besoin de la certitude qu’un problème précis sera résolu et qu’un objectif important deviendra atteignable. Mettre ce message au centre n’est pas un artifice marketing : c’est la manière la plus honnête de parler de votre travail, parce que c’est bien ce que vous vendez, au fond : une progression tangible d’un point A à un point B.
Si cette approche résonne, prenez un moment pour regarder vos pages clés et vos scripts de vente. Demandez‑vous si un prospect qui ne vous connaît pas encore peut répondre en dix secondes à cette question : « Quel problème m’aident‑ils à résoudre et vers quel objectif vont‑ils m’emmener ? » Si la réponse est évidente, vous êtes sur la bonne voie. Sinon, le meilleur moment pour réécrire, c’est maintenant.